Une journée de rêve

Dimanche.

Magnifique journée ensoleillée en famille. Aujourd’hui activité pomme de terre : chasse au trésor pour la récolte, bataille d’eau pour les nettoyer, pique-nique dans le jardin pour les savourer.

Un de ces moments qui mettent le temps en pause et remplissent d’émotions ta boite à souvenir.

Bercés  par le rythme de cette délicieuse journée, le repas du soir arrive.

Pas le temps de finir de servir les assiettes que mon cadet se précipite sur la sienne et nous regarde sans bruit avec des yeux de merlan frit. Une nouvelle mimique du haut de ses 2 ans ? Quelques secondes pour descendre de notre nuage et nous rendre compte que quelque chose ne va pas.

Quand tout bascule

Quelques secondes pour descendre dans les profondeurs de la réalité.

Il s’étouffe.

Enivrés par la douceur de cette journée estivale,  nous n’avions pas compris.  

Quelques secondes, une éternité en fait. Mon cœur se serre, je ne veux pas que ça s’arrête comme ça, pas maintenant. Il est trop petit, nous sommes si loin des secours, je ne suis pas prête à le regarder mourir, comment va-t-on s’en sortir?

Mon cerveau se déconnecte alors de mon cœur. Pas le temps de réfléchir, on a déjà perdu trop de temps. Je suis la plus proche. En un instant, mon fils se retrouve penché en avant posé sur ma cuisse. Ma main tape dans son dos pendant que son père cherche une respiration sur son visage. Un coup, rien ne se passe. Deuxième coup, toujours rien.

J’ai peur.

Au troisième essai, ma main se lance avec toute l’énergie, l’amour, la détresse que je ressens en cet instant. Je vois alors 3 petits morceaux de viande apparaitre sur le carrelage. Il est sauvé.

Ce matin, quand mon fils s’est réveillé et qu’il m’a dit « bonjour maman » avec ses yeux qui pétillent, j’ai mesuré à quel point le bonheur ne tient parfois qu’à un fil, ou à un morceau de poulet.

La réalité des chiffres en France

Aujourd’hui, les chiffres m’ont ramenée à la réalité. Seuls 20% des français sont formés aux gestes qui sauvent.  

A l’heure où je me demande « Et si lui taper dans le dos n’avait pas suffi ? », 80% de la population n’aurait pas su quoi faire en première intention.

8 risques sur 10 de regarder son enfant mourir étouffé, 8 risques sur 10 de ne pas savoir faire un massage cardiaque à son père qui s’écroule, 8 risques sur 10 de paniquer quand son conjoint se blesse en bricolant.  

La vie est-elle si peu précieuse à nos yeux pour ne pas savoir en prendre soin ?

A l’heure où l’on accepte des mesures sanitaires contraignantes pour une menace virale relative, nous ne serions pas capables d’apprendre à avoir la bonne attitude face aux 4 500 000 victimes d’accidents domestiques chaque année? 80% de ces accidents sont pourtant évitables.

Au Danemark, 80% de la population est formée aux premiers secours. Je ne parle pas seulement d’être sensibilisé mais formé. Vous savez, quand les apprentissages sont suffisamment ancrés pour savoir quoi faire sans avoir besoin de réfléchir.  

Hier, cela nous a permis d’avoir les bons réflexes pour notre fils. Pour que la situation ne reste qu’un incident et ne se transforme pas en accident dramatique.

Feras-tu partie de ceux qui changent le monde?

80% des français non formés… Ce chiffre me fait froid dans le dos.

S’il vous plait, sauvez des  vies, à commencer par celles de ceux que vous aimez. Formez-vous aux gestes qui sauvent.  

Pour savoir où et comment, c’est ici –> https://www.gouvernement.fr/risques/se-former-aux-premiers-secours